Category Archives: Réseaux sociaux

La timeline Facebook et le miroir magique. Nicolas Sarkozy tire le premier

Un peu plus de quatre mois après l’annonce de Zuckerberg sur les nouveautés de Facebook, les équipes de Nicolas Sarkozy s’en sont emparées. Quel sera donc le rendement de l’initiative ? Si l’on parcourt la blogosphère, et le web en général, trois thèmes se dégagent
 
D’abord l’outil et le contenu : La timeline, c’est un outil de narration, de storytelling, qui peut donc raconter beaucoup de choses différentes, de la création poétique et artistique au CV (au sens large) qui sera probablement l’usage commun. Comme je l’écrivais dans le réseau comme autre et miroir, l’enjeu est de s’insérer dans la construction narrative de l’internaute en agissant sur son imaginaire, en lui permettant d’intégrer dans sa propre histoire, et donc son identité, les parcours et les discours qu’il est amené à construire lors de ses visites. Comme dans toute opération de communication, il s’agit de guider les flux émotionnels.
 
La timeline est donc un miroir de plus pour soi et/ou  pour les autres : Miroir, miroir, dis-moi, (dis leur) que je suis la plus belle ! C’est ce que demande chaque jour la reine à son miroir de vérité qui lui annoncera un jour que Blanche Neige est bien plus belle qu’elle. Mais la timeline, c’est plus que ce miroir de vérité. C’est le miroir magique connu depuis longtemps et qui, sous certains éclairages, révèle les images qu’il porte au dos ou, comme dans Harry Potter ou Schrek, les pensées profondes. Il y a donc toujours 2 lectures de cette timeline : Une lecture au premier degré et une lecture en creux qui dessine une autre vérité dans laquelle se bousculent les non-dits et les non-montrés. Aucun utilisateur ne peut échapper à ce double je. C’est la même démarche que nous tous effectuons dans la constitution de notre album photo et dans nos interventions on line. Une position désavantageuse, une photo compromettante, un événement dévalorisant ont vite fait de rester dans la boîte, voire de gagner la poubelle. Sauf que pour un personnage public, ces documents sont accessibles par bien d’autres sources. cette double lecture est abondamment soulignée et relativise l’impact du contenu.
 
Autre thème largement abordé : En innovant avec une timeline soignée sur Facebook, plus répandu et plus populaire et peut-être plus contrôlable que Twitter, le candidat (qui a concomitamment ouvert un Twitter) semble faire un bon coup en donnant une image de quelqu’un qui, comme Obama et ses conseillers, a compris le réseau, ce qui n’était pas évident au vu de quelques interventions y compris lors du dernier eG8. Il reste à souligner que la démarche communautaire ne va pas jusqu’au bout puisque le bouton j’aime est le seul disponible et que les commentaires ne sont pas autorisés. On peut comprendre que les besoins en modération qui auraient été nécessaires aient freiné les ardeurs. On en restera donc à une communauté verticale.
 
Enfin un thème de controverse : Facebook aurait-il favorisé N. Sarkozy en lui proposant bien avant ses concurrents une innovation encore hors ligne ? L’agence Emakina.fr, ex Groupe-Reflect (dont l’essentiel des effectifs est basé à Limoges, clin d’œil à la région où F.Hollande est élu), déjà en charge de la communication digitale de l’UMP, reconnue dans le monde du web2.0 puis communautaire, a t-elle utilisé ses liens avec Facebook (avec lequel elle a un accord de partenariat privilégié) pour proposer cette avant première ?

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Bad buzz / Good buzz, l’homme nu de La Redoute

Buzz : l'homme nu de la Redoute

LA REDOUTE

Buzz la Redoute : PEDOBEAR, détournement the Amnesic

PEDOBEAR, détournement the Amnesic

3 suisses : Detournement buzz la redoute

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le passage à Internet représente « une formidable chance de nous réinventer et d’opérer la mutation dont nous avons besoin pour continuer à prospérer » disait Denis Terrien, directeur général de La Redoute, il y a quelques mois. La Redoute n’est pas en très grande forme et Internet est pour la marque un enjeu majeur. Son site est un des principaux site e-commerce français par son trafic. Passons aux travaux pratiques :

1. La Redoute publie une page apparemment bien innocente : des enfants sur une plage…mais un homme nu en arrière-plan, vite découvert par des internautes attentifs (merci la fonction zoom),
2. Tout est là pour une possible viralisation dans un ordre désormais classique : réseaux sociaux, blogs puis médias traditionnels ; une image simple, facile, un univers incongru au regard de la clientèle, et du produit vendu pour des enfants, la valorisation possible du disséminateur de l’information, des détournements possibles, le buzz démarre,
3. Devant certaines réactions et le flirt avec le bad buzz (voir le détournement Pedobear par exemple), il n’y a qu’à s’excuser de cette erreur (qui serait involontaire donc…) et à retirer l’image, ce que fait La Redoute.
4. Le concurrent Trois Suisses s’appuie sur ce buzz et profite de la courte-échelle ainsi offerte par l’intermédiaire d’une page Facebook qui remet les choses en place de façon assez amusante. Il reste donc à La Redoute à reprendre le contrôle du buzz qui lui échappe.
5. Dans une video sur Youtube, La Redoute renouvelle ses excuses, et fait le lien en lançant un nouveau jeu social sur Facebook et Twitter, jeu qui rhabille les gagnants ; une chasse aux erreurs glissées volontairement sur des pages de la marque (et qui nécessite donc leur consultation) en gardant le sourire. Buzz apparemment positif…

 

 

La courte morale de l’histoire est que si l’on s’aventure sur le net, il n’y a pas d’autres solutions que d’en jouer le jeu. A buzz sur le Net, réponse sur le Net dans l’esprit du Net…certainement ce qu’aurait dû faire Nestlé lors de ses difficultés avec Greenpeace.

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Quel contenu pour susciter l’engagement des fans sur une page Facebook ?

Comment intéresser et fidéliser des fans sur une page Facebook ? Il s’agit d’établir une relation personnalisée avec chacun d’entre eux en lui offrant un contenu adapté et incitateur, en  répondant à ses éventuelles questions systématiquement et rapidement, bref, de susciter et maintenir son engagement, gage d’une amélioration du ROI (c’est en tous cas ce qui est attendu). Si les rapports des fans inactifs avec la marque sont difficilement appréhendables et quantifiables, l’engagement actif est, lui, bien mesurable.

Si Facebook propose ses insights avec un « people talking about » qui tente de mesurer l’activité sur la page et le buzz autour d’elle, Socialbakers, spécialiste des statistiques Facebook, produit déjà des indices qui mettent en évidence l’engagement rate (ER) sur les pages Facebook. Il ne s’agit pas ici de mesurer la notoriété, mais plutôt une certaine qualité de la relation au travers de l’implication des fans dans l’échange, matérialisée par le liking et le dépôt de commentaires. Alors, que publier sur sa page pour obtenir le meilleur taux d’engagement ( likes + comments / nbre de fans ) ? Les graphiques ci-dessous montrent ce qui est posté et ce qui pourrait l’être pour améliorer ce taux.

 

Graphique socialBakers : "Number of different post types posted on Facbook pages and quality of the posts (by engagment rate)"

©Socialbakers

 

Comme on le voit, à l’exception du statut, publier à moindre effort entraîne un moindre engagement des fans. A titre d’exemple, les liens, dont on peut facilement parsemer ses pages, suscitent un taux d’engagement  de 0.02%, 7 fois plus faible qu’un album photo !. Ces pourcentages, apparemment faibles, concernent en fait un grand nombre de fans en valeur absolue. Obtenus en monitorant le top 100 des pages Facebook, ils portent donc sur des millions de fans. Certes, il serait illusoire d’obtenir une mesure qui ait du sens sur les pages à faible trafic. Bien qu’il faille le replacer dans le contexte de la page, de son contenu et de la cible auquel elle s’adresse, sans oublier les questions sur la réelle valeur du liking, le comportement  des fans peut sans doute être généralisé. Alors, incluez des albums photos, des vidéos dans vos pages…à moins que vous ne créiez l’événement. Dans la semaine du 4 au 8 octobre, la page de Steve Jobs a, selon Socialbakers, obtenu un taux d’engagement de 327% ! Qui dit mieux ?

 

Et bien sûr, si vous recherchez l’engagement de vos fans, ils recherchent aussi le vôtre. Une consultation du response rate (RR), taux de réponse aux questions des fans sur le mur, montre qu’il flirterait trop souvent avec les 0%. Chacun sait pourtant, ou devrait savoir, qu’une des conditions de l’établissement d’un véritable lien est de répondre aux questions des fans, même…surprenantes. Il reste donc des efforts à fournir.

 

 

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Facebook, les réseaux sociaux et nos vies en 2011 ; quels bénéfices et quels dommages pour nos relations sociales ?

Social networking sites and our lives, c’est le titre de l’étude du Pew Research Center (85 pages) réalisée en 2010 aux Etats-Unis et parue  en juin 2011 sur l’impact social de l’utilisation des réseaux sociaux parfois accusés de fragmenter le corps social, d’isoler l’individu et de le placer hors-sol. Encore une avalanche de chiffres donc, mais comme l’écrit Olivier Ertzscheid, Les chiffres, leur interprétation et leur mise en scène sont un moyen privilégié pour décrire, dominer et mieux comprendre la réalité non tangible. Quelle que soit leur valeur, ils influent sur notre perception de la réalité et sur la réalité elle-même, celle qui sera prise en compte dans l’attention que lui prêtera chacun d’entre nous, mais aussi par les médias, les agences et les entreprises. Alors va pour quelques chiffres que j’ai choisis et qui, s’ils concernent les Etats-Unis, n’en sont pas moins intéressants par les grandes lignes qu’ils traduisent.

 

  • La population d’utilisateurs des réseaux sociaux, qui aurait doublé depuis 2008, vieillit au delà du simple glissement lié au vieillissement des utilisateurs. L’utilisation s’étend à des générations plus âgées comme le montre le passage de l’âge moyen de 33 ans en 2008 à 38 ans en 2010. Pour d’autres médias, cela suffirait à susciter l’émergence de nouveaux réseaux distinguant les jeunes. L’individualisation des usages permet de garder ensemble toutes les générations.
  • Facebook est bien le réseau ultra-dominant (92% des inscrits sur des réseaux sociaux, non exclusifs certes, mais tout de même. Le trafic total (voir les calculs d’O. Ertzscheid) est impressionnant. Sorti depuis longtemps du milieu universitaire, Facebook touche tous les niveaux d’éducation, tout comme Twitter. Ce n’est pas le cas de LinkedIn, très majoritairement fréquenté par des membres de niveau d’éducation supérieure, ce qui n’est pas une surprise compte tenu du positionnement de chacun de ces réseaux.
  • Plus de 50% des inscrits fréquentent quotidiennement ou pluriquotidiennement Facebook avec une proportion plus élevée de jeunes et de femmes. Mais qu’y font-ils ? Liking et commentaires représentent l’activité principale exercée par 20 à 25% des usagers de Facebook, loin devant la production de contenus, mise à jour du profil. (voir répartition sexuée ci-dessous)

 

Graphique des utilisateurs Facebook selon le sexe et les utilisations quotidiennes

 

  • Sur Facebook, le comportement est sexué (voir graphique précédent). Non seulement les femmes y sont plus nombreuses, mais la fréquence de leurs activités y est plus grande pour tous les usages. Apporteraient-elles un soin plus grand à l’entretien de leurs relations, combleraient-elles un penchant pour le phatique ?…
  • les amis Facebook (en moyenne 229 par compte) ne sont pas confinés à un cercle étroit, mais se recrutent dans tout l’éventail des relations possibles.

 

Origine des amis Facebook

 

  • Les amis Facebook ne sont pas que virtuels. Une idée déjà largement battue en brèche, mais encore vivace dans certains esprits. Les amis Facebook sont le plus souvent conséquence d’une rencontre physique (ou prélude ? ).

 

Les amis Facebook ne sont pas que virtuels

 

Les utilisateurs de réseaux sociaux ne sont ni isolés ni amputés de leurs relations sociales « réelles ».

Parmi de complexes tableaux de chiffres, se dégagent 3 tendances :

-   Les utilisateurs d’Internet ont des relations plus proches et déclarent davantage de confidents.

Nombre moyen de confidents par typologie d'utilisateursA noter que les utilisateurs de Facebook tendent à avoir davantage encore de confidents dès lors que leur utilisation du service augmente.

-    Les utilisateurs pluriquotidiens de Facebook font davantage confiance aux autres que les utilisateurs d’autres réseaux et davantage encore que les non utilisateurs d’Internet.

-    Les utilisateurs de Facebook se soutiennent mutuellement davantage matériellement et moralement que ceux des autres réseaux et que les non utilisateurs d’Internet.

 

  • Les utilisateurs pluriquotidiens de Facebook sont plus engagés politiquement. On ne peut s’empêcher de penser au rôle des réseaux sociaux dans les mouvements sociaux et politiques de ces dernières années et de leur potentiel dans la formation et l’exercice de la citoyenneté.

 

Tous ces résultats permettent au Pew de conclure que rien ne permet d’affirmer que l’usage des réseaux sociaux puisse être associé à un recul de la taille et de la diversité du réseau de relations d’un individu. On constate plutôt le contraire, même si l’étude montre que dans tous les cas le niveau d’éducation interfère et « améliore » parfois considérablement le niveau des chiffres obtenus. Les réseaux permettent de raviver des relations anciennes ou essoufflées, d’entretenir leur proximité. Rien ne démontre l’enfermement dans un réseau de pensée ou de personnes homogènes. Il faut admettre que les relations que nous entretenons sur les réseaux recopient pour une grande part celles que nous avons hors réseau. Les changements de modalités de ces relations amplifient, intensifient (ou affaiblissent) certains aspects. S’ils peuvent déconcerter certains, ils n’ont pas tous les défauts qu’ils leur prêtent. Question de génération ?

 

Mais pour autant, et quelle que soit la confiance qu’on peut accorder aux chiffres, et quel que soit le degré de pertinence de leur transposition en Europe, cela règle t-il les débats sur le sens du mot ami, sur la qualité des liens, faibles ou forts, sur l’identité, l’effet miroir.. ? sur la solitude communicante ou la loi de proximité inverse de Virilio qui fait du voisin l’étranger et du lointain l’ami ? Il s’agit là de questions d’ordre plus philosophique voire anthropologique dont les réponses sont bien plus complexes.

 

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Social media et CRM, le malentendu, vraiment ?



Etude IBM : From Social Media to Social CRM by IBM

 

L’étude d’IBM parue récemment met en exergue des différences de perception des raisons pour lesquelles marques et clients chercheraient à interagir sur les réseaux sociaux et semble pointer une divergence entre les deux approches.

 

En effet, les raisons invoquées par les consommateurs paraissent nettement hiérarchisées et privilégient celles qui apportent un gain effectif en terme d’information ou d’avantages (purchase, discount). A l’opposé, l’aspect communautaire que l’on aurait imaginé plus prégnant dans un réseau social apparaît comme une motivation secondaire. Face à ces perceptions du consommateur, celles des représentants des marques, nettement moins hiérarchisées, montrent effectivement une survalorisation des intentions prêtées à l’internaute dans le domaine communautaire. Y a t-il là matière à s’étonner ?

 

Notons tout d’abord que le graphique ne dit pas la manière qu’ont les marques d’utiliser les réseaux sociaux, mais ce qu’elles pensent que les utilisateurs pensent. Libres à elles ensuite de déterminer leurs utilisations de ces réseaux selon leur nature et en fonction du positionnement et de la stratégie propre de la marque (discount pour tous sous prétexte que c’est ce qu’attendent en premier les consommateurs n’aurait évidemment aucun sens). Même si le classement des items révèle une difficulté à sortir du message centré produit, le fait que la marque pense que ses clients recherchent la relation et le dialogue n’est pas en soi la preuve d’un malentendu. La qualité de la relation est fondamentale pour la marque et il est de son intérêt d’y prêter une forte attention, et elle ne fait à mon avis que le projeter dans ses réponses. Du côté consommateur, cette qualité est implicite mais pas obligatoire. Son intérêt est de tirer avantage de la relation. Qu’il y ait une dissymétrie des perceptions est normale et évidente. Le jeu est de concilier intérêts des uns et besoins des autres et de baliser un terrain de rencontre.

 

Notons aussi l’effet artefact d’un graphique (sans échelle) qui laisserait penser que l’incompréhension est forte, notamment sur les attentes en matière d’offres de prix et d’achats. Si l’on considère les chiffres et non plus le classement, cela n’a plus beaucoup de sens. Nous savons tous que classer présente une part d’arbitraire lié au sentiment d’un moment, et on voit là qu’à quelques points près, beaucoup d’items auraient pu occuper un tout autre rang dans la colonne businesses. Il faut constater que la hiérarchie de ces items repose sur des différences assez faibles. Et c’est peut-être là que se trouve le principal enseignement. En fait, tout se passe comme si les entreprises interrogées n’avaient pas une connaissance très claire des attentes de leurs clients et de leur hiérarchisation…du style un réseau social, ça sert un peu à tout ça. Il y a donc certainement encore du travail à faire dans ce domaine relativement nouveau. Une mal-connaissance plutôt qu’un malentendu ; de quoi expliquer, peut-être, certaines déceptions… ?

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Japan earthquake shakes Twitter users ou quand Twitter va plus vite…

La communication publiée sous le titre ci-dessus en 2010 par des chercheurs de l’université de Tokyo prend du relief avec le récent séisme au Japon. On sait déjà combien Twitter peut permettre de transmettre et d’agréger des infos, des sentiments voire des foules en temps réel ou quasi-réel. Cette étude cherche à montrer qu’il pourrait aussi être utilisé comme système de détection d’événements et d’alerte. De quoi s’agit-il ?


L’observation montre que chaque événement important est relayé en temps réel par un nombre significatif de tweets. C’est le cas d’un séisme. Chaque utilisateur de Twitter se comporte alors comme un capteur qui saisit et transmet une information. Le monitoring des messages associé à un algorithme adapté permettent l’identification et l’analyse sémantique de mots-clés et du contexte de ces messages. On peut ainsi détecter le séisme et lui attribuer une localisation spatiale et temporelle. Dès que le système extrait l’information, il la transmet automatiquement par mail aux souscripteurs du service qui la reçoivent avant l’alerte officielle et potentiellement même avant l’arrivée des vibrations qui, elles, ne se propagent « qu’à » quelques km/s. Selon les auteurs de l’étude, 96% des séismes d’intensité 3 et plus auraient ainsi été détectés. (à consulter la communication)


Même si cela paraît dérisoire au regard de l’ampleur de la catastrophe japonaise, on peut être fasciné par le fait qu’un capteur social puisse en quelque sorte court-circuiter les capteurs techniques habituels ; l’extension et la puissance des réseaux permettent à l’immatérialité des flux de communication en temps réel de prendre l’avantage. Pourrait-on extrapoler ce qui est possible pour les séismes à la détection d’événements politiques, sociaux, météo, accidentels, … à partir de Twitter et à une automatisation de l’élaboration et de la diffusion de l’information en temps réel (type dernières nouvelles – breaking news) ? L’exploitation de Twitter non seulement comme réseau, mais comme média pose certes des problèmes complexes, mais certains y travaillent. On voit bien les objections : quid des sources, de la hiérarchisation, des manipulations ? quelle place pour l’analyse face à l’émotion ? etc…


Comme l’a pointé depuis déjà longtemps Paul Virilio, la vitesse technologique est désormais très supérieure à celle du temps humain, et l’écart ne fait que croître. Il y a désynchronisation entre la vitesse de circulation de l’information et nos capacités d’action ou de réaction. Cette course à la vitesse semble pourtant inséparable de la course à la puissance dans laquelle nous sommes irréversiblement ( ?) engagés ; et Virilio et quelques autres de rappeler qu’en inventant un processus, on invente l’accident associé ; et que la puissance de l’un et de l’autre croissent parallèlement. Prudence, donc…

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Facebook révolution, ou domestication ? deux visages des réseaux sociaux

J’ai noté ces derniers jours dans la presse le télescopage de deux approches des usages des réseaux sociaux a priori sans rapports directs mais qui, placées l’une en regard de l’autre, illustrent bien  leur ambivalence… D’un côté rangés parmi les instruments de la libération de tout un peuple, ces outils sont, d’un autre côté, vus comme des instruments potentiels de contrôle.


D’un côté donc, la mise en exergue par les médias (ici et par exemple) du rôle de Twitter et surtout de Facebook dans le déclenchement, l’amplification et la coordination des révoltes de Tunisie et d’Egypte. Une Facebook révolution ? Sans surévaluer le rôle de ces réseaux sociaux compte tenu de leur taux de pénétration (encore qu’en Tunisie…) et des strates de population touchées, il semble bien qu’ils aient constitué un moyen de contourner les institutions, les dispositifs de censure et de surveillance, un outil d’expression personnelle (petit clin d’oeil Facebook repris sur le blog tunisien de Nawras) et de libération en quelque sorte. On a vu utiliser le terme de cyberrésistance, pu suivre les més-aventures d’un responsable marketing Google et la nomination d’un blogueur résistant comme ministre. Il n’est pas contestable non plus qu’internet a constitué une source essentielle d’information -Voir par exemple sur Google Tendances l’explosion des requêtes « Ben Ali » à Tunis les 14 et 15 janvier, jour de son départ –


D’un autre côté, Alex Turk, président de la CNIL, qui nous redit ni plus ni moins dans le Monde du 8/02 ce qu’il dit depuis longtemps : « des dangers lourds nous menacent en lien avec la géolocalisation ». la CNIL pense bien sûr aux réseaux de type Aka-aki, Foursquare, Latitude, géo-tweet, Facebook Lieux et quelques autres, et aussi aux multiples applications qui nous proposent (yes or no ?) la géolocalisation pour exprimer tout leur intérêt avec des procédures d’opt in/opt out parfois mal définies. De type check-in, ou davantage encore de type tracking, tous ces signalements de position ne font qu’ajouter à notre empreinte numérique déjà forte (on se souvient de l’histoire de Jules). Plus récemment le site provocateur pleaserobme (en ce moment en sommeil) annonce l’absence du propriétaire aux voleurs à partir de relevés sur Foursquare et Twitter. Mais la tendance est lourde, la géolocalisation est un puissant outil de marketing direct au service de stratégies adaptées au développement des terminaux mobiles (par exemple la très simple offre McDo : 3 géolocalisations en 72h au McDo sur Lieux = un sandwich gratuit)… Ce pourrait être demain un outil au service d’objectifs peu louables dans un monde panoptique, un instrument de contrôle et de domestication.


D’un côté donc, tout ce que l’on peut attendre du développement des médias de masse ; il est très difficile, voire irréaliste aujourd’hui de maintenir des structures strictement verticales et d’ignorer l’expression des idées de chacun aisément et instantanément disséminées par le réseau. L’entreprise l’a (souvent) compris, les états parfois moins. D’un autre côté, la porosité croissante entre vie publique et vie privée (jusqu’à leur confusion ? L’attitude de Facebook à ce sujet est plus qu’ambigüe) questionne effectivement quant au contrôle social. Au delà de l’éducation de chacun et de l’autocontrôle, on peut certes penser que les réactions des internautes contrôleront les abus, mais les états de droit devront sans doute légiférer rapidement sur l’utilisation des données personnelles, leur propriété et leur accès. Il n’y a pas de médaille qui n’ait son revers…


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Twitter vu par ses utilisateurs en France


Nuage de TAG : Twitter vu par ses utilisateurs

ifop ©



Un peu plus de trois ans après son apparition, et après l’explosion 2009 qui l’a vu promu par les médias, où va Twitter ? Si les données sont désormais assez nombreuses, il n’est pas très facile de dégager une cohérence, vu les différences parfois constatées. L’étude de l’IFOP (pdf 2010) auprès d’utilisateurs, parue en décembre 2010, permet de dégager leurs profils et des usages types. Si l’on en croit cette étude, l’utilisateur type serait un homme en général (pour les 2/3) ayant entre 18 et 34 ans, cadre (pour 50%), inscrit par ailleurs dans des réseaux sociaux ou de géolocalisation, ayant publié une moyenne de 452 tweets depuis l’ouverture de son compte (298 pour les femmes), et suivi par 350 followers ; un profil plutôt marqué technophile, encore proche d ‘un earlyadopter inscrit dans l’écosystème des réseaux sociaux pour reprendre les termes de l’IFOP.
Quand à l’intérêt pour les usages, les mots partage, information et réactivité sont sans surprise les plus cités avec tous les mots ayant trait à la vitesse ; du lien en temps réel, pour diffuser et commenter des infos et partager avec sa communauté de suiveurs, mais aussi des usages (supposés ou réels ?), jugés utiles, et plus orientés vers la communication d’entreprise, la création d’un réseau de prospects et de clients, ou le drainage d’audience vers un blog, sans oublier la communication politique. En revanche, il est intéressant de noter que la recherche de bons plans et de voyages, usages que les utilisateurs mettaient en bonne place dans l’étude IFOP 2009, apparaît désormais délaissée. Où l’on voit qu’une sélection des usages s’opère à l’usage justement.
On le voit, Twitter semble tarder à sortir d’un certain segment d’utilisateurs. Certes le taux de notoriété progresse à 80%, mais les inscrits ne dépasseraient pas 7% des internautes et les ouvertures de comptes en 2010 semblent marquer le pas. 96% des utilisateurs trouvent Twitter utile (dans le cas contraire, seraient-ils encore utilisateurs ?), encore faudrait-il distinguer ceux qui sont réellement actifs, et qu’une étude Sysomos monde de 2009 jugeaient très minoritaires, comme d’ailleurs sur les réseaux sociaux en général. Condamné à évoluer, Twitter, d’abord « simple » outil de microblogging, devient réseau social incluant des remontées depuis les blogs, des médias photo ou vidéo consultables directement ou la géolocalisation, ainsi que la création de listes. Mais sur ce terrain, il y a fort à faire face à facebook, plus grand public, qui développe lui aussi les modes d’échange instantanés et organise la convergence des usages.


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Greenpeace vs Nestlé, un résumé en graphiques un mois après…

Retour sur l’offensive de Greenpeace contre Nestlé, accusé de précipiter la disparition de la forêt tropicale et de l’orang-outang-symbole par l’utilisation d’huile de palme entre autres dans ses barres Kit Kat. Le déroulement de l’opération a été amplement décrit et analysé (voir en particulier Fabrice Epelboin sur Readwriteweb). Que reste t-il de cette affaire un mois après son déclenchement ?

Tout d’abord un modèle d’offensive en « total digital » : détournement de logo + clip viral + kit de campagne numérique + Twitter + Facebook. L’activité autour de Nestlé a fortement cru à partir du 17 mars, date du lancement de la campagne Greenpeace. (voir les graphiques sur le billet d’Epelboin).

Comment la bataille s’est-elle étendue au delà des réseaux précités ? Une requête sur Google Tendances montre bien la chronologie. Dès le premier jour ,le nombre de requêtes Nestlé + greenpeace sur Google explose, que ce soit le fait de militants soucieux de connaître l’impact sur le net de l’offensive ou de curieux désireux de s’informer, peut-être alertés par la densité des résultats de requêtes sur Google, onglet Nouveautés.


mots-clés Nestlé+Greenpeace

mots-clés Nestlé+Greenpeace


Deux jours après, on observe l’explosion des requêtes Nestlé+Facebook et Nestlé+Kit Kat, ce qui correspond effectivement à une recherche d’infos après une première réponse agressive de Nestlé qui a déclenché l’offensive des internautes sur sa page Facebook. L’affrontement sur les médias sociaux nourrit l’intérêt des internautes sur le web en général, et réciproquement certainement.


Google Tendances :  Nestlé+facebook

Google Tendances : Nestlé+facebook



Google Tendances : Nestlé+Kit Kat

Google Tendances : Nestlé+Kit Kat


Comment les médias numériques ont-ils réagi ? Une requête sur Wikio Trends montre bien un pic remarquable de news dès le 18 mars, ce qui montre l’extension rapide du terrain de communication au delà des médias sociaux. A noter que les deux pics précédents concernent des nouvelles stratégiques ou financières pour Nestlé.


Wikio Trends

Wikio Trends


Enfin, comment les médias traditionnels ont-ils pris l’affaire en compte ? Il faut bien dire qu’il n’y a pas eu autant de bruit que sur le net et il se sont tenus en marge de la bagarre. Quelques échos, quelques brèves, un très court billet dans le bruit du net sur France info par exemple. Si l’on parle de la presse dite de référence, elle a plutôt retenu la conclusion de l’affaire qui sonne comme plutôt positive pour Nestlé puisqu’on insiste surtout sur sa conversion à l’huile de palme durable (titre de l’article du monde).

Quels effets sur la réputation de Nestlé ? Les graphiques proposés par Fabrice Epelboin montrent l’accroissement des sentimentss négatifs. Celui de Sysomos confirme l’impact, sans doute passager, de la campagne de Greenpeace sur l’e-réputation de la marque.


Sysomos Map

Sysomos Map


On a parlé de l’effet sur le cours de bourse de Nestlé. Pas évident pour qui n’est pas analyste…le cours a effectivement baissé les 17 et 19 mars, il est difficile de mesurer l’impact de l’offensive par rapport aux autres facteurs, l’action ayant évolué les jours suivants sans corrélations manifestes avec l’affaire.


Les Echos

Les Echos


A l’heure du bilan, et pour ne pas connaître les objectifs des uns et de autres, il est difficile de savoir si leurs objectifs respectifs ont été atteints et dans quelle mesure. Il est cependant un fait que Nestlé a manifestement sous-estimé, mal-utilisé et mal-traité les réseaux, particulièrement sa page Facebook, ce qui l’a d’ailleurs conduit à s’excuser. Twitter, les réseaux sociaux, les blogs et les médias numériques se sont mutuellement renforcés pour créer le buzz que nous avons connu et qui ont placé Nestlé en situation de crise. Défait sur le terrain des médias sociaux, ses réponses ont été conçues « à l’ancienne » si l’on peut dire, sous forme d’injonctions (malheureuses), d’une page questions/réponses sur le site corporate et sous forme de communiqués. Très succintement, je retiens le modèle d’offensive digitale et ses résultats :
- une confirmation : On ne détourne pas l’esprit d’un réseau social à son profit. La tentative de censure du clip par Nestlé , ainsi que ses réponses agressives des premiers jours n’ont fait que déchaîner les internautes et amplifier le buzz. Tout kayakiste (souvenir de jeunesse) vous dira qu’on entre dans un torrent dans le sens du courant, c’est la qualité du coup de pagaie qui fait la différence.
- Nestlé change de fournisseur d’huile de palme. Il se paye même le luxe d’appeler à un memorandum sur la déforestation. La suite, moins numérique,…ici.

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Un point trafic sur Myspace, Facebook et Twitter


Twitter vs. Facebook vs. MySpace

Twitter vs. Facebook vs. MySpace


le site du Chicago Tribune publie en date du 7/10 les derniers chiffres du trafic sur trois medias sociaux. S’il ne s’agit pas vraiment de compter leurs « divisions » tant leurs usages ne se recouvrent pas vraiment, comme le rappelle Alexis, il est tout de même pas inintéressant de visualiser l’évolution de chacun d’eux. Parallèlement au tassement de Myspace, qui reste cependant très utilisé pour les artistes en général et par les musiciens en particulier qui ont un produit, au sens large du terme, à mettre en vitrine, il est à noter que ce sont les deux réseaux aux fonctions phatiques les plus intenses car les plus développées ou les plus facilement exerçables en temps réel, bien qu’à des modes et degrés divers, qui voient leur trafic augmenter très rapidement. Il faut être connecté…

La forte croissance quasi-continue du nombre de visiteurs mensuels uniques pour facebook a levé certains doutes exprimés ici ou là en 2007/2008 quant à son développement à la suite d’initiatives dont on se souvient. Facebook est donc devenue sans aucun doute la première plateforme (au moins en en nombre de visiteurs et sans distinguer les usages), et si j’en juge par mon entourage, attire de plus en plus les jeunes dès l’adolescence. Une étude de comScore montre d’ailleurs qu’aux UK les 15-24 ont tendance à se disperser beaucoup moins sur les autres réseaux et les délaissent au profit de Facebook. Notons au passage que cela va à l’encontre de l’idée communément admise selon laquelle les jeunes déserteraient les terrains occupés par les plus âgés.

Est confirmée aussi bien sûr l’éclosion pour ne pas dire l’explosion de Twitter devenu incontournable et de plus en plus investi par les compagnies au cours de cette année 2009. La croissance de son trafic dépendra pour une large part d’usages qui restent à imaginer et à développer aussi bien dans et autour de l’entreprise qu’au niveau personnel et qui pourraient permettre à Twitter de dépasser la réputation de source et de production d’infos qui lui est faite. Alexis parle très bien dans son billet des difficultés spécifiques liées à l’appropriation de Twitter, mais certaines pistes d’usages (pour mémoire ici et ) sont, parmi beaucoup d’autres, suffisamment séduisantes pour que des cerveaux (de tous âges) se mettent à phosphorer, ce que traduit l’effervescence dans les médias sociaux de la sphère francophone mise en évidence autour de Twitter qui bénéficie actuellement d’un attention rate très élevé…et à nouveaux usages, nouveaux usagers.

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