Être, c’est être vu ! La photo, vecteur central du marketing de soi sur le web

L’étude SOFRES pour la CNIL le confirme, les trois cent millions de photos déposées chaque jour sur les réseaux sociaux sont au cœur de l’activité sur le web social. Que ce soit pour s’exprimer, s’exposer, partager, 54% des internautes déclarent prendre des photos dans le but de les publier et 58% (86% des 18-24 ans) déclarent en publier. Leur choix participe pour une large part du personal branding et de la construction l’estime de soi

« Être c’est être perçu »  Berkeley

Les technologies de l’information aidant, être c’est être vu ! Alors que donne-t-on à voir et que perçoit-on sur ces photos ? Le corps dans ses expressions et ses positions, son emballage, et la situation ou l’environnement dans lequel il se trouve. Le marketing de soi va bien au-delà de la seule apparence…

D’abord, l’image brute, objective.
Mais cette image est prélevée dans une tranche de temps et d’espace d’une infime épaisseur qui ne préjuge précisément ni du temps d’avant ni du temps d’après. L’objectivité de cette image brute, bien qu’incontestable ne traduit qu’un moment artificiellement figé.

Ensuite l’image que l’on voit de soi et que les autres voient de vous.
L’unicité incontestable de la photo (un individu, un espace et un temps définis) est mise à mal par la perception qu’en ont aussi bien le sujet que les regardeurs, chacun appliquant ses propres filtres esthétiques, culturels et affectifs.

« Nous ne connaissons des choses que ce que nous y mettons »  Kant

A chaque regardeur son image ! Croire que la photo représente la vérité de l’être serait se comporter comme les prisonniers de la caverne de Platon. Notre rapport au réel est tissé par un milieu culturel, des habitudes, un état affectif, une certaine corporéité… Il est donc en grande partie imaginaire et construit à notre insu des représentations et des jugements.

L’image est donc forcément subjective, sujette à interprétations diverses. Elle reflète l’identité et l’état psychique et relationnel du sujet. Elle n’est donc pas innocente. Certes, elle est la façon de communiquer la plus immédiat, elle traduit des valeurs et induit une valeur (Estime vient du latin oestimare-évaluer, donner une valeur).

Tout l’art de communiquer consiste à choisir ses images de façon à transmettre ce que l’on veut transmettre, et ce n’est pas simple, ce qui explique que 73% des internautes (SOFRES-CNIL) s’inquiètent de l’utilisation que d’autres pourraient faire de leurs images publiées.

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