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Internet, mobile et télévision, 10 données sur les usages 2013 aux US

E-Marketer a rassemblé 400 types de données pour 40 agences de mesure sur l’usage des médias (hors voix) par les adultes aux US. Les résultats publiés en début de mois confirment les tendances prévues depuis 2010 :

  • Pour la première fois, le temps passé sur les médias digitaux dépasse le temps passé devant la TV ;
  • Si la TV n’est plus le premier moyen de consommation des médias, sa durée d’usage demeure stable ;
  • La durée totale de consommation des médias (TV, digital, print… ) se rapproche des 12 heures !
  • C’est le multitâches qui permet seul d’expliquer un tel chiffre ;
  • La durée d’usage des desktops et des laptops stagne ;
  • C’est le mobile hors voix qui tire les usages (4 fois plus de temps que le fixe ) ;
  • La durée d’usage des smartphones continue sa progression ;
  • Mais c’est l’usage des tablettes qui a le plus progressé et qui rejoint le smartphone ;
  • La durée d’usage de la radio ne se modifie pas significativement ;
  • Le print continue à perdre du terrain, en particulier les journaux ;

 

Graphique temps quotidien moyen tous médiasGraphique : Temps quotidien moyen medias digitaux

 

 

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Digital et parcours d’achats 2012, une continuité de la connexion adaptée au contexte et à l’usage

Un récent rapport Médiamétrie/FEVAD met en évidence l’intensification de la digitalisation des parcours d’achats selon les termes utilisés par les auteurs. Le développement des « nouveaux écrans » contribue à généraliser une modification des comportements.

- Les internautes préparent de plus en plus leurs achats en surfant :

90% préparent ainsi leur achats effectués sur le web (+4 points par rapport à 2011),

77% préparent également ainsi leurs achats en magasin (+7 points).

De plus en plus avertis et capables de comparer, ils sont 64% à consulter les avis et les notes distribuées aux entreprises et aux produits, en leur accordant pour plus des trois-quarts d’entre eux une large confiance.

- Les internautes surfent aussi en magasin :

14% consultent les bornes interactives (+4 points),

40% des possesseurs de smartphone consultent en direct depuis le magasin (+5 points).

- Mais ils préfèrent encore majoritairement un retrait physique de leur commande :

21% en magasin,

48% en point relais.

Il subsiste donc comme un seuil symbolique à franchir pour repasser du virtuel au réel. Mais le seuil franchi, un destinataire du colis sur 3 achète sur le point de livraison. Le e-commerce s’intègre dans le commerce connecté.

- Fixes, mobiles, tablettes, smartphones ?

40% des possesseurs de tablettes s’en servent pour préparer leurs achats à domicile (90%) ou dans les transports (7%) avec une place importante pour les vêtements,

22% des possesseurs de smartphones  s’en servent pour préparer leurs achats à domicile (74%) ou dans les transports (20%) avec une dominante billetterie, voyages et produits culturels.
Toutes ces données doivent amener à reconsidérer (si ce n’est déjà fait) les distinctions simplistes fixe/mobile davantage basées sur les outils que sur les usages qui, au final, doivent être au cœur des préoccupations des concepteurs de sites et d’applis.

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e-commerce 2011, tableau de bord

la Fevad et médiamétrie ont publié les chiffres du e-commerce au quatrième trimestre 2011 ; où l’on voit que, comme annoncé, la domestication du cyber achat continue à progresser en France à un rythme soutenu. Le mouvement de rattrapage par rapport aux pays européens les plus avancés dans ce domaine, comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne, se poursuit. Avec 14 achats pour 1250 € par an et par cyberacheteur en moyenne, la césure acheteur – cyberacheteur est en voie de disparition.

Tous les indicateurs sont au vert même si certains peuvent être en trompe l’œil, car gonflés par la croissance du nombre de cybermarchands. Seul bémol, le panier moyen recule. Les chiffres fournis ne permettent pas de déterminer les parts respectives de la crise et de l’évolution de la structure de l’offre et des prix.

Enfin, même si les ventes sur l’internet mobile ne représentent que 2 à 3% du chiffres d’affaires, le m-commerce décolle.

FEVAD : e-commerce 2011

© Marie Serindou : d'après les chiffres de la FEVAD (2011)

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Quel contenu pour susciter l’engagement des fans sur une page Facebook ?

Comment intéresser et fidéliser des fans sur une page Facebook ? Il s’agit d’établir une relation personnalisée avec chacun d’entre eux en lui offrant un contenu adapté et incitateur, en  répondant à ses éventuelles questions systématiquement et rapidement, bref, de susciter et maintenir son engagement, gage d’une amélioration du ROI (c’est en tous cas ce qui est attendu). Si les rapports des fans inactifs avec la marque sont difficilement appréhendables et quantifiables, l’engagement actif est, lui, bien mesurable.

Si Facebook propose ses insights avec un « people talking about » qui tente de mesurer l’activité sur la page et le buzz autour d’elle, Socialbakers, spécialiste des statistiques Facebook, produit déjà des indices qui mettent en évidence l’engagement rate (ER) sur les pages Facebook. Il ne s’agit pas ici de mesurer la notoriété, mais plutôt une certaine qualité de la relation au travers de l’implication des fans dans l’échange, matérialisée par le liking et le dépôt de commentaires. Alors, que publier sur sa page pour obtenir le meilleur taux d’engagement ( likes + comments / nbre de fans ) ? Les graphiques ci-dessous montrent ce qui est posté et ce qui pourrait l’être pour améliorer ce taux.

 

Graphique socialBakers : "Number of different post types posted on Facbook pages and quality of the posts (by engagment rate)"

©Socialbakers

 

Comme on le voit, à l’exception du statut, publier à moindre effort entraîne un moindre engagement des fans. A titre d’exemple, les liens, dont on peut facilement parsemer ses pages, suscitent un taux d’engagement  de 0.02%, 7 fois plus faible qu’un album photo !. Ces pourcentages, apparemment faibles, concernent en fait un grand nombre de fans en valeur absolue. Obtenus en monitorant le top 100 des pages Facebook, ils portent donc sur des millions de fans. Certes, il serait illusoire d’obtenir une mesure qui ait du sens sur les pages à faible trafic. Bien qu’il faille le replacer dans le contexte de la page, de son contenu et de la cible auquel elle s’adresse, sans oublier les questions sur la réelle valeur du liking, le comportement  des fans peut sans doute être généralisé. Alors, incluez des albums photos, des vidéos dans vos pages…à moins que vous ne créiez l’événement. Dans la semaine du 4 au 8 octobre, la page de Steve Jobs a, selon Socialbakers, obtenu un taux d’engagement de 327% ! Qui dit mieux ?

 

Et bien sûr, si vous recherchez l’engagement de vos fans, ils recherchent aussi le vôtre. Une consultation du response rate (RR), taux de réponse aux questions des fans sur le mur, montre qu’il flirterait trop souvent avec les 0%. Chacun sait pourtant, ou devrait savoir, qu’une des conditions de l’établissement d’un véritable lien est de répondre aux questions des fans, même…surprenantes. Il reste donc des efforts à fournir.

 

 

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Facebook, les réseaux sociaux et nos vies en 2011 ; quels bénéfices et quels dommages pour nos relations sociales ?

Social networking sites and our lives, c’est le titre de l’étude du Pew Research Center (85 pages) réalisée en 2010 aux Etats-Unis et parue  en juin 2011 sur l’impact social de l’utilisation des réseaux sociaux parfois accusés de fragmenter le corps social, d’isoler l’individu et de le placer hors-sol. Encore une avalanche de chiffres donc, mais comme l’écrit Olivier Ertzscheid, Les chiffres, leur interprétation et leur mise en scène sont un moyen privilégié pour décrire, dominer et mieux comprendre la réalité non tangible. Quelle que soit leur valeur, ils influent sur notre perception de la réalité et sur la réalité elle-même, celle qui sera prise en compte dans l’attention que lui prêtera chacun d’entre nous, mais aussi par les médias, les agences et les entreprises. Alors va pour quelques chiffres que j’ai choisis et qui, s’ils concernent les Etats-Unis, n’en sont pas moins intéressants par les grandes lignes qu’ils traduisent.

 

  • La population d’utilisateurs des réseaux sociaux, qui aurait doublé depuis 2008, vieillit au delà du simple glissement lié au vieillissement des utilisateurs. L’utilisation s’étend à des générations plus âgées comme le montre le passage de l’âge moyen de 33 ans en 2008 à 38 ans en 2010. Pour d’autres médias, cela suffirait à susciter l’émergence de nouveaux réseaux distinguant les jeunes. L’individualisation des usages permet de garder ensemble toutes les générations.
  • Facebook est bien le réseau ultra-dominant (92% des inscrits sur des réseaux sociaux, non exclusifs certes, mais tout de même. Le trafic total (voir les calculs d’O. Ertzscheid) est impressionnant. Sorti depuis longtemps du milieu universitaire, Facebook touche tous les niveaux d’éducation, tout comme Twitter. Ce n’est pas le cas de LinkedIn, très majoritairement fréquenté par des membres de niveau d’éducation supérieure, ce qui n’est pas une surprise compte tenu du positionnement de chacun de ces réseaux.
  • Plus de 50% des inscrits fréquentent quotidiennement ou pluriquotidiennement Facebook avec une proportion plus élevée de jeunes et de femmes. Mais qu’y font-ils ? Liking et commentaires représentent l’activité principale exercée par 20 à 25% des usagers de Facebook, loin devant la production de contenus, mise à jour du profil. (voir répartition sexuée ci-dessous)

 

Graphique des utilisateurs Facebook selon le sexe et les utilisations quotidiennes

 

  • Sur Facebook, le comportement est sexué (voir graphique précédent). Non seulement les femmes y sont plus nombreuses, mais la fréquence de leurs activités y est plus grande pour tous les usages. Apporteraient-elles un soin plus grand à l’entretien de leurs relations, combleraient-elles un penchant pour le phatique ?…
  • les amis Facebook (en moyenne 229 par compte) ne sont pas confinés à un cercle étroit, mais se recrutent dans tout l’éventail des relations possibles.

 

Origine des amis Facebook

 

  • Les amis Facebook ne sont pas que virtuels. Une idée déjà largement battue en brèche, mais encore vivace dans certains esprits. Les amis Facebook sont le plus souvent conséquence d’une rencontre physique (ou prélude ? ).

 

Les amis Facebook ne sont pas que virtuels

 

Les utilisateurs de réseaux sociaux ne sont ni isolés ni amputés de leurs relations sociales « réelles ».

Parmi de complexes tableaux de chiffres, se dégagent 3 tendances :

-   Les utilisateurs d’Internet ont des relations plus proches et déclarent davantage de confidents.

Nombre moyen de confidents par typologie d'utilisateursA noter que les utilisateurs de Facebook tendent à avoir davantage encore de confidents dès lors que leur utilisation du service augmente.

-    Les utilisateurs pluriquotidiens de Facebook font davantage confiance aux autres que les utilisateurs d’autres réseaux et davantage encore que les non utilisateurs d’Internet.

-    Les utilisateurs de Facebook se soutiennent mutuellement davantage matériellement et moralement que ceux des autres réseaux et que les non utilisateurs d’Internet.

 

  • Les utilisateurs pluriquotidiens de Facebook sont plus engagés politiquement. On ne peut s’empêcher de penser au rôle des réseaux sociaux dans les mouvements sociaux et politiques de ces dernières années et de leur potentiel dans la formation et l’exercice de la citoyenneté.

 

Tous ces résultats permettent au Pew de conclure que rien ne permet d’affirmer que l’usage des réseaux sociaux puisse être associé à un recul de la taille et de la diversité du réseau de relations d’un individu. On constate plutôt le contraire, même si l’étude montre que dans tous les cas le niveau d’éducation interfère et « améliore » parfois considérablement le niveau des chiffres obtenus. Les réseaux permettent de raviver des relations anciennes ou essoufflées, d’entretenir leur proximité. Rien ne démontre l’enfermement dans un réseau de pensée ou de personnes homogènes. Il faut admettre que les relations que nous entretenons sur les réseaux recopient pour une grande part celles que nous avons hors réseau. Les changements de modalités de ces relations amplifient, intensifient (ou affaiblissent) certains aspects. S’ils peuvent déconcerter certains, ils n’ont pas tous les défauts qu’ils leur prêtent. Question de génération ?

 

Mais pour autant, et quelle que soit la confiance qu’on peut accorder aux chiffres, et quel que soit le degré de pertinence de leur transposition en Europe, cela règle t-il les débats sur le sens du mot ami, sur la qualité des liens, faibles ou forts, sur l’identité, l’effet miroir.. ? sur la solitude communicante ou la loi de proximité inverse de Virilio qui fait du voisin l’étranger et du lointain l’ami ? Il s’agit là de questions d’ordre plus philosophique voire anthropologique dont les réponses sont bien plus complexes.

 

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Twitter vu par ses utilisateurs en France

 

Nuage de TAG : Twitter vu par ses utilisateurs

ifop ©

 

 

Un peu plus de trois ans après son apparition, et après l’explosion 2009 qui l’a vu promu par les médias, où va Twitter ? Si les données sont désormais assez nombreuses, il n’est pas très facile de dégager une cohérence, vu les différences parfois constatées. L’étude de l’IFOP (pdf 2010) auprès d’utilisateurs, parue en décembre 2010, permet de dégager leurs profils et des usages types. Si l’on en croit cette étude, l’utilisateur type serait un homme en général (pour les 2/3) ayant entre 18 et 34 ans, cadre (pour 50%), inscrit par ailleurs dans des réseaux sociaux ou de géolocalisation, ayant publié une moyenne de 452 tweets depuis l’ouverture de son compte (298 pour les femmes), et suivi par 350 followers ; un profil plutôt marqué technophile, encore proche d ‘un earlyadopter inscrit dans l’écosystème des réseaux sociaux pour reprendre les termes de l’IFOP.
Quand à l’intérêt pour les usages, les mots partage, information et réactivité sont sans surprise les plus cités avec tous les mots ayant trait à la vitesse ; du lien en temps réel, pour diffuser et commenter des infos et partager avec sa communauté de suiveurs, mais aussi des usages (supposés ou réels ?), jugés utiles, et plus orientés vers la communication d’entreprise, la création d’un réseau de prospects et de clients, ou le drainage d’audience vers un blog, sans oublier la communication politique. En revanche, il est intéressant de noter que la recherche de bons plans et de voyages, usages que les utilisateurs mettaient en bonne place dans l’étude IFOP 2009, apparaît désormais délaissée. Où l’on voit qu’une sélection des usages s’opère à l’usage justement.
On le voit, Twitter semble tarder à sortir d’un certain segment d’utilisateurs. Certes le taux de notoriété progresse à 80%, mais les inscrits ne dépasseraient pas 7% des internautes et les ouvertures de comptes en 2010 semblent marquer le pas. 96% des utilisateurs trouvent Twitter utile (dans le cas contraire, seraient-ils encore utilisateurs ?), encore faudrait-il distinguer ceux qui sont réellement actifs, et qu’une étude Sysomos monde de 2009 jugeaient très minoritaires, comme d’ailleurs sur les réseaux sociaux en général. Condamné à évoluer, Twitter, d’abord « simple » outil de microblogging, devient réseau social incluant des remontées depuis les blogs, des médias photo ou vidéo consultables directement ou la géolocalisation, ainsi que la création de listes. Mais sur ce terrain, il y a fort à faire face à facebook, plus grand public, qui développe lui aussi les modes d’échange instantanés et organise la convergence des usages.

 

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Metrics et sentiments 2010 : Noël, la grippe et le bonheur national brut

Nous voici à la fin de cette année. Et savez-vous ce qui nous (vous ?) a rendu les plus heureux en 2010 ? Si l’on en croit le Gross national happiness index de Facebook autrement dénommé indice de bonheur national brut en français, c’est tout simplement…Noël ! C’est vrai aux USA, mais aussi entre autres, en Allemagne, en Italie et en Belgique. On peut extrapoler sans risques le résultat  à la France. A noter que Noël suscite aussi un pic négatif certes bien modeste au regard du pic positif, mais tout de même ; je vous laisse à vos interprétations…
Comme désormais un grand nombre d’instruments, celui-ci essaie de quantifier et de caractériser l’état émotionnel d’un collectif et s’inscrit dans l’utilisation du net comme système nerveux virtuel. Des filtres sémantiques (on perçoit bien les enjeux que représente la mise au point des « bonnes » combinaisons) permettent d’attribuer des valeurs positives ou négatives, éventuellement pondérées, aux termes employés sur facebook. Il en résulte un graphique sensé traduire l’état d’esprit, l’humeur, l’état émotionnel des utilisateurs, dont on sait qu’ils représentent un échantillon représentatif de la population par le nombre au moins. A titre d’exemple, on peut noter un grand coup de déprime le 25 juin 2009 (rappelez-vous !). Alors qu’est-ce qui pourrait venir troubler notre bonheur en cette fin d’année ?
La grippe bien sûr ! Les médias s’en font l’écho depuis quelques jours avec du retard sur…Flu trends, le site bien connu sur lequel vous pouvez suivre au jour le jour la propagation de la maladie à partir de la popularité de mots-clés soumis aux moteurs de recherche. Tapez grippe dans Google tendances et vous verrez confirmé l’intérêt croissant des internautes ces derniers jours pour  des recherches relatives à la grippe. Et c’est cette propension à rechercher des infos sur la maladie avant même de consulter un médecin, ainsi que le recueil et l’analyse des données en temps réel qui donne à Google de l’avance sur les réseaux médicaux de surveillance ; Et les résultats donnés par Flu Trends bénéficient d’une bonne fiabilité, confirmée par des études menées et publiées dans Nature, la revue scientifique de référence. Là encore, le Net comme système nerveux virtuel collectif…

Alors, meilleurs voeux et beaucoup de bonheur pour 2011 !


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Internet mobile à l’horizon 2014

Une étude de Capgemini publiée en juillet 2010 pour le SRI (syndicat des régies internet) montre la forte croissance du mobile qui sera le premier point d’accés à internet en 2014 en France. Cela rejoint l’étude de Gartner début 2010, dans laquelle il annonce que dès 2013, le nombre de smartphones et de mobiles connectables devrait dépasser le nombre de PC. Cela induit bien que le mobile en général devienne le premier moyen d’accès potentiel à Internet. Ce développement devrait contribuer à permettre potentiellement à 3 milliards d’adultes d’effectuer des transactions électroniques (internet mobile ou PC) à partir de 2014.

L’augmentation du taux de pénétration de l’internet mobile s’inscrit dans une évolution logique. Du téléphone à fil à la cabine puis au mobile, du desktop au portable et à la plaquette, de l’interface mécanique à des interfaces tactiles, la tendance incontournable est à l’autonomisation de l’univers de la communication, à l’adaptation des interfaces à une utilisation plus instinctive, à l’intégration au corps de prothèses extensives permanentes, autonomisation et intégration étant bien sûr corollaires l’une de l’autre. Rien de surprenant donc dans les prévisions de Gartner et dans celle de Capgemini

La première conséquence est évidente : on voit bien sûr l’intérêt qu’il y a à concevoir des sites et des applications adaptables ou optimisés pour le format mobile, de négliger la relation avec un grand nombre, et bientôt peut-être, une majorité de ses utilisateurs et de ses clients. Toujours d’après l’étude de Capgemini, 67% des annonceurs en France envisagent d’ores et déjà le développement d’une application mobile.

Autre conséquence que pointe Gartner: là où le web, le search, permet d’extraire de l’info organisée et promue pour drainer l’attention qui remonte vers l’émetteur, le développement de l’internet mobile permet de s’adresser directement à l’utilisateur dans une stratégie moins « pull » et plus « push ». La connaissance du contexte et celle du profil de l’utilisateur prennent une importance de premier plan : localisation, motivation, fréquentation des réseaux sociaux deviennent des renseignements fondamentaux pour la segmentation et le ciblage permettant de délivrer un message personnalisé rattaché à l’expérience de cet utilisateur.

Une confirmation : Facebook, présent d’entrée sur des smartphones, sera, sauf dérapage, confirmé en 2012 comme premier hub pour le social web et l’interopérabilité des réseaux, au travers de mécanismes divers comme Facebook Connect par exemple. Cela le place en situation de premier marchand de profils. Et voilà confirmé que la gestion de la vie privée restera un grand défi pour Facebook et par ricochet pour nous aussi !

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Greenpeace vs Nestlé, un résumé en graphiques un mois après…

Retour sur l’offensive de Greenpeace contre Nestlé, accusé de précipiter la disparition de la forêt tropicale et de l’orang-outang-symbole par l’utilisation d’huile de palme entre autres dans ses barres Kit Kat. Le déroulement de l’opération a été amplement décrit et analysé (voir en particulier Fabrice Epelboin sur Readwriteweb). Que reste t-il de cette affaire un mois après son déclenchement ?

Tout d’abord un modèle d’offensive en « total digital » : détournement de logo + clip viral + kit de campagne numérique + Twitter + Facebook. L’activité autour de Nestlé a fortement cru à partir du 17 mars, date du lancement de la campagne Greenpeace. (voir les graphiques sur le billet d’Epelboin).

Comment la bataille s’est-elle étendue au delà des réseaux précités ? Une requête sur Google Tendances montre bien la chronologie. Dès le premier jour ,le nombre de requêtes Nestlé + greenpeace sur Google explose, que ce soit le fait de militants soucieux de connaître l’impact sur le net de l’offensive ou de curieux désireux de s’informer, peut-être alertés par la densité des résultats de requêtes sur Google, onglet Nouveautés.


mots-clés Nestlé+Greenpeace

mots-clés Nestlé+Greenpeace


Deux jours après, on observe l’explosion des requêtes Nestlé+Facebook et Nestlé+Kit Kat, ce qui correspond effectivement à une recherche d’infos après une première réponse agressive de Nestlé qui a déclenché l’offensive des internautes sur sa page Facebook. L’affrontement sur les médias sociaux nourrit l’intérêt des internautes sur le web en général, et réciproquement certainement.


Google Tendances :  Nestlé+facebook

Google Tendances : Nestlé+facebook



Google Tendances : Nestlé+Kit Kat

Google Tendances : Nestlé+Kit Kat


Comment les médias numériques ont-ils réagi ? Une requête sur Wikio Trends montre bien un pic remarquable de news dès le 18 mars, ce qui montre l’extension rapide du terrain de communication au delà des médias sociaux. A noter que les deux pics précédents concernent des nouvelles stratégiques ou financières pour Nestlé.


Wikio Trends

Wikio Trends


Enfin, comment les médias traditionnels ont-ils pris l’affaire en compte ? Il faut bien dire qu’il n’y a pas eu autant de bruit que sur le net et il se sont tenus en marge de la bagarre. Quelques échos, quelques brèves, un très court billet dans le bruit du net sur France info par exemple. Si l’on parle de la presse dite de référence, elle a plutôt retenu la conclusion de l’affaire qui sonne comme plutôt positive pour Nestlé puisqu’on insiste surtout sur sa conversion à l’huile de palme durable (titre de l’article du monde).

Quels effets sur la réputation de Nestlé ? Les graphiques proposés par Fabrice Epelboin montrent l’accroissement des sentimentss négatifs. Celui de Sysomos confirme l’impact, sans doute passager, de la campagne de Greenpeace sur l’e-réputation de la marque.


Sysomos Map

Sysomos Map


On a parlé de l’effet sur le cours de bourse de Nestlé. Pas évident pour qui n’est pas analyste…le cours a effectivement baissé les 17 et 19 mars, il est difficile de mesurer l’impact de l’offensive par rapport aux autres facteurs, l’action ayant évolué les jours suivants sans corrélations manifestes avec l’affaire.


Les Echos

Les Echos


A l’heure du bilan, et pour ne pas connaître les objectifs des uns et de autres, il est difficile de savoir si leurs objectifs respectifs ont été atteints et dans quelle mesure. Il est cependant un fait que Nestlé a manifestement sous-estimé, mal-utilisé et mal-traité les réseaux, particulièrement sa page Facebook, ce qui l’a d’ailleurs conduit à s’excuser. Twitter, les réseaux sociaux, les blogs et les médias numériques se sont mutuellement renforcés pour créer le buzz que nous avons connu et qui ont placé Nestlé en situation de crise. Défait sur le terrain des médias sociaux, ses réponses ont été conçues « à l’ancienne » si l’on peut dire, sous forme d’injonctions (malheureuses), d’une page questions/réponses sur le site corporate et sous forme de communiqués. Très succintement, je retiens le modèle d’offensive digitale et ses résultats :
- une confirmation : On ne détourne pas l’esprit d’un réseau social à son profit. La tentative de censure du clip par Nestlé , ainsi que ses réponses agressives des premiers jours n’ont fait que déchaîner les internautes et amplifier le buzz. Tout kayakiste (souvenir de jeunesse) vous dira qu’on entre dans un torrent dans le sens du courant, c’est la qualité du coup de pagaie qui fait la différence.
- Nestlé change de fournisseur d’huile de palme. Il se paye même le luxe d’appeler à un memorandum sur la déforestation. La suite, moins numérique,…ici.

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Google tendances rejoint la cohorte des outils de mesure sur le net.

Si vous voulez connaître l’évolution de l’intérêt pour un mot ou une expression sur le moteur Google en général, ou bien comparer ces résultats à des mesures sur d’autres requêtes (similaires, antagonistes, concurrentes,…), dans des zones géographiques ou encore à des périodes de temps déterminées, Google propose depuis la deuxième moitié de 2009 un outil qui permet tout cela en français désormais. Tendances (le bien nommé) s’inscrit ainsi dans la tendance à développer des instruments de mesure, laquelle a le vent en poupe depuis un certain temps. Après les Adwords et les Analytics désormais largement inclus dans les panoplies marketing et pub, Google propose la mesure de l’intérêt pour un mot ou une expression et de son évolution. Cette mesure n’est pas sans intérêt pour la définition et la mise en place des campagnes. En jouant sur l’intérêt manifesté pour un terme suivant les périodes, les zones ou d’autres termes, on peut ainsi optimiser les choix effectués. A titre d’exemple, on verra entre autres que l’intérêt pour Obama dépasse l’intérêt pour Sarkozy entre le 4ème trimestre 2008 et le 1er trimestre 2009, mais aussi que l’intérêt pour le terme Sushi (je suis actuellement « japonophile ») croît rapidement , davantage en France qu’en Espagne, que cet intérêt n’est pas particulièrement saisonnier, que l’Île de France et PACA sont les deux régions où le terme suscite le plus d’intérêt, que la recherche de sushis explose en Limousin ces derniers mois ( ? ?) et aussi que « sushi shop » est le terme le plus fréquemment utilisé dans les requêtes, etc…Vendeurs ou futurs vendeurs de Sushis, c’est à vous !

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L’intérêt pour une recherche pouvant naturellement concerner tout autant la grippe que Facebook, Renault ou Obama pour ne citer que des mots relevant de domaines très variés, l’échelle Google permet en quelque sorte de prendre le pouls d’un espace-temps. Aucun des résultats fournis n’est bien sûr dénué de relations avec une notoriété, une réputation ou simplement l’actualité…en fait avec l’émotion ou l’ampleur des réactions générées par une communication ou un événement. L’outil ne fournit certes que des données quantitatives sans précisions quant au pourquoi de la recherche et donc sans interprétation. Cependant, les résultats de ces mesures sont parmi les très nombreux indicateurs d’audience qui touchent aussi au domaine de l’e-réputation, même si leur interprétation nécessite une excellente connaissance du contexte, et est de ce fait complexe. On comprend bien ici une nouvelle fois que le temps réel, inscrit dans les gènes du numérique, modifie l’appréhension et la perception des états du monde Et ce sont ces mesures en temps réel, la réactivité qu’elles permettent qui les promet à l’extension rapide de leurs usages. Notons au passage que les annonceurs l’ont bien compris, eux qui durant 2009, ont continué à privilégier (malgré un ralentissement), le net et sa réactivité, permettant de mesurer et de calculer la performance en temps réel, ce qui est fondamental dans cette période de crise (voir le résumé de l’étude de Cap Gemini).

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