Category Archives: Réseaux sociaux

Greenpeace vs Nestlé, un résumé en graphiques un mois après…

Retour sur l’offensive de Greenpeace contre Nestlé, accusé de précipiter la disparition de la forêt tropicale et de l’orang-outang-symbole par l’utilisation d’huile de palme entre autres dans ses barres Kit Kat. Le déroulement de l’opération a été amplement décrit et analysé (voir en particulier Fabrice Epelboin sur Readwriteweb). Que reste t-il de cette affaire un mois après son déclenchement ?

Tout d’abord un modèle d’offensive en « total digital » : détournement de logo + clip viral + kit de campagne numérique + Twitter + Facebook. L’activité autour de Nestlé a fortement cru à partir du 17 mars, date du lancement de la campagne Greenpeace. (voir les graphiques sur le billet d’Epelboin).

Comment la bataille s’est-elle étendue au delà des réseaux précités ? Une requête sur Google Tendances montre bien la chronologie. Dès le premier jour ,le nombre de requêtes Nestlé + greenpeace sur Google explose, que ce soit le fait de militants soucieux de connaître l’impact sur le net de l’offensive ou de curieux désireux de s’informer, peut-être alertés par la densité des résultats de requêtes sur Google, onglet Nouveautés.


mots-clés Nestlé+Greenpeace

mots-clés Nestlé+Greenpeace


Deux jours après, on observe l’explosion des requêtes Nestlé+Facebook et Nestlé+Kit Kat, ce qui correspond effectivement à une recherche d’infos après une première réponse agressive de Nestlé qui a déclenché l’offensive des internautes sur sa page Facebook. L’affrontement sur les médias sociaux nourrit l’intérêt des internautes sur le web en général, et réciproquement certainement.


Google Tendances :  Nestlé+facebook

Google Tendances : Nestlé+facebook



Google Tendances : Nestlé+Kit Kat

Google Tendances : Nestlé+Kit Kat


Comment les médias numériques ont-ils réagi ? Une requête sur Wikio Trends montre bien un pic remarquable de news dès le 18 mars, ce qui montre l’extension rapide du terrain de communication au delà des médias sociaux. A noter que les deux pics précédents concernent des nouvelles stratégiques ou financières pour Nestlé.


Wikio Trends

Wikio Trends


Enfin, comment les médias traditionnels ont-ils pris l’affaire en compte ? Il faut bien dire qu’il n’y a pas eu autant de bruit que sur le net et il se sont tenus en marge de la bagarre. Quelques échos, quelques brèves, un très court billet dans le bruit du net sur France info par exemple. Si l’on parle de la presse dite de référence, elle a plutôt retenu la conclusion de l’affaire qui sonne comme plutôt positive pour Nestlé puisqu’on insiste surtout sur sa conversion à l’huile de palme durable (titre de l’article du monde).

Quels effets sur la réputation de Nestlé ? Les graphiques proposés par Fabrice Epelboin montrent l’accroissement des sentimentss négatifs. Celui de Sysomos confirme l’impact, sans doute passager, de la campagne de Greenpeace sur l’e-réputation de la marque.


Sysomos Map

Sysomos Map


On a parlé de l’effet sur le cours de bourse de Nestlé. Pas évident pour qui n’est pas analyste…le cours a effectivement baissé les 17 et 19 mars, il est difficile de mesurer l’impact de l’offensive par rapport aux autres facteurs, l’action ayant évolué les jours suivants sans corrélations manifestes avec l’affaire.


Les Echos

Les Echos


A l’heure du bilan, et pour ne pas connaître les objectifs des uns et de autres, il est difficile de savoir si leurs objectifs respectifs ont été atteints et dans quelle mesure. Il est cependant un fait que Nestlé a manifestement sous-estimé, mal-utilisé et mal-traité les réseaux, particulièrement sa page Facebook, ce qui l’a d’ailleurs conduit à s’excuser. Twitter, les réseaux sociaux, les blogs et les médias numériques se sont mutuellement renforcés pour créer le buzz que nous avons connu et qui ont placé Nestlé en situation de crise. Défait sur le terrain des médias sociaux, ses réponses ont été conçues « à l’ancienne » si l’on peut dire, sous forme d’injonctions (malheureuses), d’une page questions/réponses sur le site corporate et sous forme de communiqués. Très succintement, je retiens le modèle d’offensive digitale et ses résultats :
- une confirmation : On ne détourne pas l’esprit d’un réseau social à son profit. La tentative de censure du clip par Nestlé , ainsi que ses réponses agressives des premiers jours n’ont fait que déchaîner les internautes et amplifier le buzz. Tout kayakiste (souvenir de jeunesse) vous dira qu’on entre dans un torrent dans le sens du courant, c’est la qualité du coup de pagaie qui fait la différence.
- Nestlé change de fournisseur d’huile de palme. Il se paye même le luxe d’appeler à un memorandum sur la déforestation. La suite, moins numérique,…ici.

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Un point trafic sur Myspace, Facebook et Twitter


Twitter vs. Facebook vs. MySpace

Twitter vs. Facebook vs. MySpace


le site du Chicago Tribune publie en date du 7/10 les derniers chiffres du trafic sur trois medias sociaux. S’il ne s’agit pas vraiment de compter leurs « divisions » tant leurs usages ne se recouvrent pas vraiment, comme le rappelle Alexis, il est tout de même pas inintéressant de visualiser l’évolution de chacun d’eux. Parallèlement au tassement de Myspace, qui reste cependant très utilisé pour les artistes en général et par les musiciens en particulier qui ont un produit, au sens large du terme, à mettre en vitrine, il est à noter que ce sont les deux réseaux aux fonctions phatiques les plus intenses car les plus développées ou les plus facilement exerçables en temps réel, bien qu’à des modes et degrés divers, qui voient leur trafic augmenter très rapidement. Il faut être connecté…

La forte croissance quasi-continue du nombre de visiteurs mensuels uniques pour facebook a levé certains doutes exprimés ici ou là en 2007/2008 quant à son développement à la suite d’initiatives dont on se souvient. Facebook est donc devenue sans aucun doute la première plateforme (au moins en en nombre de visiteurs et sans distinguer les usages), et si j’en juge par mon entourage, attire de plus en plus les jeunes dès l’adolescence. Une étude de comScore montre d’ailleurs qu’aux UK les 15-24 ont tendance à se disperser beaucoup moins sur les autres réseaux et les délaissent au profit de Facebook. Notons au passage que cela va à l’encontre de l’idée communément admise selon laquelle les jeunes déserteraient les terrains occupés par les plus âgés.

Est confirmée aussi bien sûr l’éclosion pour ne pas dire l’explosion de Twitter devenu incontournable et de plus en plus investi par les compagnies au cours de cette année 2009. La croissance de son trafic dépendra pour une large part d’usages qui restent à imaginer et à développer aussi bien dans et autour de l’entreprise qu’au niveau personnel et qui pourraient permettre à Twitter de dépasser la réputation de source et de production d’infos qui lui est faite. Alexis parle très bien dans son billet des difficultés spécifiques liées à l’appropriation de Twitter, mais certaines pistes d’usages (pour mémoire ici et ) sont, parmi beaucoup d’autres, suffisamment séduisantes pour que des cerveaux (de tous âges) se mettent à phosphorer, ce que traduit l’effervescence dans les médias sociaux de la sphère francophone mise en évidence autour de Twitter qui bénéficie actuellement d’un attention rate très élevé…et à nouveaux usages, nouveaux usagers.

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Microsoft ouvre un compte et intègre des tweets dans son moteur de recherche. Peut-on encore négliger Twitter ?

Un récent billet d’Alexis s’appuyant sur une étude de Jam (instantané sur 3 jours) remarquait que la majorité du classement n’y était tout simplement pas présente. Et voilà que Microsoft saute le pas et arrive sur Twitter  et par un clin d’œil, Linux lui souhaite la bienvenue ! S’il est vrai que Twitter (18 millions de visiteurs en mai 2009), ou plutôt la teneur de certains échanges suscitent des agacements chez certains, et que le pourcentage d’actifs y est, comme dans les réseaux en général d’ailleurs, assez faible, il faut se rendre à l’évidence, il est désormais impossible de le négliger. L’information en temps réel a montré une pertinence possible dans de nombreux cas récents. Certes, la twitterisation des événements, désormais source d’alimentation des grands médias, participe aussi de la société de l’émotion sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, j’effleurais récemment le sujet à propos de Home. Malgré tout ça ou peut-être grâce à ça, Twitter permet l’émergence de groupes d’intérêts ponctuels. Sans être à proprement parler un réseau social, mais plutôt un outil, un réseau de communication, il permet la constitution de communautés dynamiques conjoncturelles en temps réel, rassemblant des followers autour de gazouilleurs dans le cadre de forces de coopérations faibles déjà décrites. Il y a là quelque chose qui oscille entre l’exposition de soi et la démarche solidaire, entre l’intérêt personnel et l’intérêt commun. Tout cela modifie potentiellement les rapports de force entre les états et les citoyens mais aussi entre les entreprises et les clients. Même si l’intervention d’affiliés ou le Pay-per-tweet peuvent assurer la présence de la marque (Alexis faisait allusion au cas Apple), il y a lieu de penser que sa présence en temps que telle permet de mieux contrôler ce qui se dit et d’organiser les réactions à la vitesse de Twitter, et peut-être d’échapper au soupçon. Sur un autre plan, mais toujours dans une logique de twitterisation, Microsoft teste désormais l’intégration des derniers tweets de quelques centaines ou milliers de personnalités jugées éminentes dans les résultats de Bing, son moteur de recherche. En attendant Google…

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La place croissante d’Internet aux dépens de la presse chez les ados

évolution du nombre de tirages et de la diffusion de la presse spécialisé

évolution du nombre de tirages et de la diffusion de la presse spécialisé

Les derniers chiffres de L’OJD (évolution de 2004 à 2008) relatifs à la diffusion de la presse magazine pour ados confirment la tendance enregistrée ces dernières années. A l’exception de quelques titres valorisés pour leur présumé apport éducatif (Okapi, Sciences et vie junior, Géo junior), peut-être davantage par les parents d’ailleurs, c’est une chute spectaculaire de la diffusion qui frappe la plupart des magazines pour ados, particulièrement ceux que l’on pourrait ranger dans la catégorie fans ou people. Après la stagnation, et souvent le recul de l’utilisation de la télévision et de la radio, c’est le papier qui est atteint bien davantage encore. Une partie de l’explication tient sans aucun doute à la migration du lectorat vers le net. Goûts musicaux, vie des stars, émissions de télé, mode et vie amoureuse, tous sujets présents dans ces magazines, sont désormais déclinés dans de nombreux sites, partagés et discutés sur de nombreux forums, blogs et réseaux sociaux.

Alors ce type de presse écrite a t-il encore une chance auprès de ce public ? Rien n’est moins sûr. Les outils d’action et d’interaction offerts par le net séduisent les ados. Réticulaire, offrant de nouveaux modes de liens avec les pairs, il renforce la fonction phatique, primordiale chez les jeunes. Via la confrontation et les échanges, il permet la construction d’une identité fondée sur les exclusions et les appartenances, préoccupation particulièrement vive chez les ados. Ludique, plastique et dynamique, il permet tout à la fois appropriation, renouvellement et multiplicité, échanges et infos en temps réel. En abolissant espace et temps, il comble l’impatience et la frustration dont on sait à quel point ce sont des sentiments présents chez les ados. Enfin, l’accès à ces sites est gratuit, et ce n’est pas un argument négligeable. Ainsi le statut même de l’adolescent, la culture numérique de cette génération, de la génération du pouce et de la souris comme l’appelle Pascal Lardellier, ne peuvent que la pousser à poursuivre sa migration déjà bien avancée vers les réseaux numériques. Pour toutes ces raisons et aussi parce que le temps n’est pas extensible, il n’y aujourd’hui pas de raison pour que l’utilisation croissante du net et du mobile par les ados ne se fasse pas au détriment de ce type de presse.

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Un pas de plus vers la disparition des limites avec Aka-Aki, le réseau social mobile qui grandit

Il a suffit d’un article dans le monde pour qu’Aka-Aki éveille de nouveau l’intérêt ; le mien en particulier puisqu’il se place dans la parenté d’un projet d’études en Arts Appliqués du nom générique « friendly » que j’avais présenté à Toulouse en 2004 et qu’il est le résultat d’un projet développé à l’Université des Arts de Berlin, mis à disposition en 2008 dans sa version publique. Décidément, Si de par leur liberté et leur sensibilité, parce qu’ils se tiennent au bord du monde, les artistes peuvent être des vigies comme l’écrivait Mac Luhan, ce projet parmi beaucoup d’autres montre qu’ils peuvent aussi être des précurseurs.

En bref, qu’est-ce que Aka-Aki ? Un réseau social mobile qui semble plus abouti que certains essais précédents, qui revendique 100 000 membres essentiellement en Allemagne, particulièrement à Berlin, mais qui semble s’étendre. Il repose sur un système de géolocalisation et de transmission associant GPS, Wi-Fi et Bluetooth, gratuit, exploitable sur le web, mais aussi sur mobile. A priori compatible avec Twitter, il offre les possibilités habituelles d’un réseau social en matière de messaging et friending. L’usager est invité à coller sur son profil des stickers indiquant ses goûts dans les domaines culturels, sexuels, professionnels et autres. Le point fort, c’est que dès lors que cet usager croise à portée de Bluetooth un autre membre, leurs mobiles affichent leurs profils respectifs, et même conservent la mémoire de la rencontre. Rien de plus simple alors que de contacter l’ami présent dans les parages, le membre dont le profil affiche des intérêts communs, ou bien le (ou la) titulaire de la (jolie) photo qu’affiche le profil et de lui proposer une rencontre. On a compris que ce réseau n’a (éventuellement) d’intérêt qu’au dessus d’une certaine taille critique et donc pour l’instant dans de grandes villes ou des lieux très fréquentés.

Je ne sais pas ce que deviendra Aka-Aki, mais il marque une avancée (je n’ose pas le mot progrès tant il y a d’incertitudes sur ce vers quoi pourrait nous mener ce type de réseau, le pire ou le meilleur…) illustrant l’effet Moebius cher à Pierre Lévy : Disparition des limites public-privé, espace propre-espace commun, carte-territoire. Il est un outil du lien social basé sur le sentiment et l’intérêt personnel, donc volatile, propice à la constitution de communautés à géométrie et à durée variable. Dans ce cadre, le téléphone mobile est l’outil tout indiqué parce qu’il est un lien entre espace privé et espace public, un nœud de passage réversible de l’un à l’autre de ces espaces.

Ce brouillage des limites a pour corollaire le brouillage des limites du territoire. Autrefois limité par les possibilités de déplacement et les rapports sociaux, délimité par des frontières, signalé par des panneaux, taggé ou graffité, il cède la place à des territoires virtualisés. Aka-Aki, c’est d’abord une pancarte virtuelle qui s’actualise sur l’écran du mobile de votre voisin. A la déterritorialisation du réseau, répond la reterritorialisation de la rencontre, imbriquant territoire virtuel et territoire réel, territoire propre, territoire commun et territoire tribal. Dès lors, le marquage par des implants communiquants (et le mobile s’en rapproche) permet à l’individu, mais aussi à des objets et des machines de se reconnaître, d’être reconnus et de se signaler en fonction d’intérêts programmés par avance. Dans cette optique, l’internet des objets ne se sépare pas de l’internet des individus. Aka-Aki ce n’est pas encore cela, mais c’est déjà cela…

Les auteurs du projet parlent de réalité augmentée. Ce réseau mobile enrichit les possibilité du mobile-prothèse en nous permettant non seulement la présence à distance, mais aussi la reconnaissance, la détection et le tri à distance en temps réel, comme le ferait un nouvel organe des sens qui étendrait le monde réel. Nul doute qu’un tel système ne puisse s’étendre à des espaces de délivrance de flux personnalisés (une autre facette de l’étude que j’avais présentée à Toulouse en 2004) qui, de même que compter le nombre de passages (mémorisés par le système, rappelons-le) de tel ou tel individu ayant tel ou tel profil en tel ou tel lieu, intéresseraient les publicitaires (et bien d’autres comme on peut l’imaginer sans peine…). Il reste tout de même à connaître l’avis de la CNIL et organismes apparentés sur ce possible nouvel œil de Big Brother, et bien sûr jusqu’où ira l’adhésion des utilisateurs. A suivre…

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Une étude sur la communauté Everquest II questionne les modes de constitution des réseaux sociaux.

everquest2Comment et sur quels critères se constituent les réseaux sociaux ? Une étude universitaire américaine apporte des éléments de réponse quant à la constitution des communautés de gamers. L’étude a porté sur un échantillon de sept mille utilisateurs du jeu en ligne multijoueurs Everquest II. Les résultats de l’étude pourront paraître inattendus. C’est d’abord avec les amis, les amis d’amis et la famille que se forment ces communautés avec tout ce que cela recouvre : Action bien sûr, mais aussi interaction au travers d’actes d’échanges et de coopération, au travers de mails et de chats, et aussi transaction dans le cadre du jeu.

Ce que l’on observe de cette surface sociale finalement assez étroite s’observe aussi dans le domaine géographique. Les chances de collaborer dans une communauté Everquest II sont cinq fois plus grandes dans un rayon de dix kilomètres que dans un rayon de cent kilomètres ! Ces résultats dépassent les objections relatives aux fuseaux horaires, à la langue, à la culture ou même à la structure du réseau que l’on aurait pu formuler. Tout semble se  passer comme si ce type de réseau reproduisait voire renforçait les relations sociales préexistantes. On est donc loin d’un réseau hors-sol. Cela rappelle le comportement déjà étudié chez les ados en particulier qui chatent et téléphonent à leurs amis qu’ils viennent à peine de quitter, comportement qui répond au besoin du « stay in touch ».

Au moment de généraliser ces observations aux réseaux sociaux en général, il y a lieu d’être prudent. S’ils recoupent certainement en grande partie les réseaux de relations sociales, les réseaux sociaux qui ont une fonction statutaire non négligeable par exemple, peuvent-ils s’accommoder d’une surface sociale et géographique aussi réduite ? En d’autres termes quelle est la part des relations sociales reproduites dans ces réseaux comparativement à celle des relations nouées ou « fabriquées » dans ces mêmes réseaux ? Et en conséquence, quelles sont la nature et la force des liens et des interactions réelles entre leurs membres ?

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De l’art d’utiliser les réseaux sociaux : Ce qui est arrivé à Jules, ou quand intime et public ne font plus qu’un.

Ce qui est arrivé à Jules (renommé Marc à sa demande) a fait le tour du réseau en ce début d’année 2009. Rappelons pour mémoire que cet internaute semblable à bien d’autres, on le suppose, a pu prendre connaissance de son histoire personnelle dans un article de la revue le Tigre. Cette histoire, reliait ses voyages, ses hobbies, ses amis, ses petites amies, ses soirées ainsi qu’une foule d’autres détails. A qui les avait-il confiés ? Comme beaucoup, il avait dispersé ici quelques photos, là un billet de blog, ailleurs déposé une vidéo, peut-être un peu twitté, accepté des ami(es) sur Facebook, lesquel(le)s parlaient aussi de lui, etc…

Ce travail du Tigre a le mérite de matérialiser ce que nous savons ou devrions tous savoir. Toutes ces traces que nous laissons sur le réseau, traces involontairement volontaires si l’on peut dire, permettent à un curieux perspicace, aidé par des moteurs aggrégateurs de traces, de nous profiler et de se raconter notre histoire, en tous cas une histoire ; et celle de Jules illustre parfaitement la confusion des espaces privés et publics et le rétrécissement des espaces réellement intimes, ce que nous avons à prendre en compte particulièrement dans les réseaux sociaux.

Si l’on ajoute à ces traces numériques celles que l’on laisse sur les réseaux téléphoniques (voir ici), de paiement ou de circulation, il y a lieu de penser que, si le panopticon numérique est à portée de technologie, il est aussi à portée de volonté. Dans beaucoup de pays, des organismes type CNIL veillent, ce qui n’empêche pas son président Alex Turk de s’inquiéter régulièrement ; des internautes aussi, il n’y a qu’à voir leurs réactions à certaines initiatives de Facebook. De même, des artistes du numérique alertent régulièrement l’opinion par leurs réalisations critiques ; ainsi le projet RG2012 de David Guez. Il consiste en un moteur de recherche sur réseaux sociaux qui a pour objet de redécouper des listes de personnes inscrites sur Facebook selon des critères affichés sur les profils. Il ne reste qu’à croiser ces critères, géographiques, sociologiques, religieux, sexuels…. pour obtenir des listes de personnes. Celles-ci sont alors incluses dans une fiction dans laquelle elles deviennent malgré elles acteurs ou victimes en se retrouvant impliquées dans une fiction catastrophiste ou simplement dans des listes ou des photos affichées au mur ou encore marchandisées sur un mug. Cela est sensé conduire tous ceux qui ne perçoivent ou ne prennent pas en compte la perte de limites public/privé dans le réseau à bien réfléchir à ce qu’ils acceptent d’y dévoiler.

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S’inscrire dans l’espace de dialogue des internautes. Novotel lance Cityshare, son site de partage.

Il est un fait désormais incontournable, les consommateurs, dont nous faisons partie, se sont emparés des possibilités de l’internet participatif et n’hésitent pas à comparer, critiquer et conseiller les produits et services qui leur sont offerts. Aucune marque ne peut rester indifférente à cet état de fait et rester à l’écart de ces échanges, sauf à subir et à perdre la maîtrise de sa communication. Il y a donc toutes les raisons d’accompagner ces changements et d’investir l’espace de dialogue ainsi ouvert.

 

Ainsi, dans le domaine tourisme et hôtellerie, riche en espaces participatifs, la préparation d’un voyage, la recherche d’un hébergement, sont déjà largement soumis aux avis critiques des internautes et à leurs conseils. Dans ce cadre, le lancement de Novotel cityshare, à la conception duquel j’ai collaboré en temps que consultante UX chez groupeReflect/Emakina , apparaît comme une initiative novatrice : Comment rendre plus proche chaque Novotel ? Comment le personnaliser et le différencier des autres hôtels de la chaîne ? Comment inciter le client à réserver directement sur le web ? Comment prolonger la relation et le fidéliser ? Comment se positionner dans les échanges inter-consommateurs ?

 

Il s’agit de donner au client, mais aussi à l’hôtelier qui se signale comme tel, la possibilité de mieux préparer son séjour et de poursuivre ensuite la relation en consultant puis en signalant les endroits intéressants proches de l’hôtel (bars, restaurants, culture, loisirs…), des bons plans adaptés à chaque segment de la clientèle (affaires, célibataires, couples, familles…), ce qui confère ainsi à l’hôtel une coloration qui permettra aux clients de mieux préparer leur week-end ou leur séjour et de mieux s’approprier l’hôtel choisi et son environnement tout en gommant la standardisation des hôtels de chaîne. Ce site se positionne donc comme une plateforme d’échanges et de rencontre des amoureux du séjour et du voyage en ville, de ceux aussi qui souhaitent marier séjour-travail et loisirs, un site où le contenu (UGC) est généré à moindre coût par les utilisateurs. Le site est par ailleurs récompensé par un Travel Standard of excellence aux Web Award 2008

 

Bien sûr, le bilan ne pourra bien sûr être tiré qu’au regard des objectifs assignés au site par la marque qui suivra sans doute attentivement les résultats, mais le grand nombre de commentaires déposés en quelques mois montre l’intérêt des internautes pour le dialogue qui est bien désormais un enjeu de la relation clients.

 

Home page Novotel CityShare

Bon plan déposé

Géolocalisation d'un hôtel

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Blogs, Flickr et autres, le réseau comme autre et miroir

La rentrée de septembre a sans doute été l’occasion pour beaucoup de garnir blogs, Flickr et autres d’une myriade de billets ou de photos du type Moi, Mes aventures, Mes amis, Mes vacances…
Pour qui ? Pour quoi ?

On peut certes invoquer le côté pratique pour amis ou parents éloignés, l’accès de n’importe où n’importe quand, le partage ou le développement du lien social, la valorisation de soi, tout cela est sans doute vrai. Cela concerne tout aussi sûrement la recherche et l’élaboration de sa propre identité, un thème très largement abordé par les artistes en général, ceux de la vidéo puis du numérique en particulier. Lorsque, idée maintenant rebattue, à partir du milieu des années 90 (Jennifer Ringley 1996), des internautes s’exposent jour et nuit dans le champ d’une webcam au regard d’hypothétiques internautes, puis-je penser que c’est à moi qu’ils s’adressent ? certainement non ! De la même façon, lorsqu’on expose récits, pensées, films et photos personnelles, ne s’adresse-t-on pas plutôt à une entité réseau à la fois autre et miroir ?

Zogby, cabinet d’études de l’opinion publique américaine, nous apprend en 2007 que 24% des américains pense que l’Internet peut servir de substitut comme autre (Hello, Internet, I’m Home !). Cet autre est d’autant plus valorisant que l’image qu’il me renvoie est en partie modelée à mon goût de par mes publications et le choix de mes connexions. En fait, de ce point de vue, ce que Benayoun nomme pulsion connective, pourrait bien être une nouvelle version du miroir Lacanien  (Pour rappel, au risque d’être reprise par des spécialistes, dont je ne suis pas, le stade du miroir c’est cette période au cours de laquelle, son image dans le miroir permet de construire un schéma corporel, une image de soi et d’en prendre conscience). Lorsque je publie, placé au centre de la toile, la mienne, je me donne à voir, je vois. Plus on me voit, plus je vois, plus j’existe. La complicité, même fictive, qui s’instaure, le regard de l’autre, me confirment dans mon être et dans mon existence…et dans le personnage dont je me fait l’idée ou dont je pense que l’autre se fait l’idée (j’y vois d’ailleurs une certaine parenté avec ce qu’il est convenu d’appeler télé-réalité).

Que ces démarches séduisent ou irritent, on ne peut qu’en prendre acte, même s’il faut être conscient des limites de l’exercice. Au final, d’une façon ou d’une autre, l’internaute se raconte (My life, My experience, comme le montre l’étude 2006 de Pew Internet). Ainsi peut-on saisir l’intérêt qu’il peut y avoir à s’insérer dans la construction narrative de cet internaute en agissant sur son imaginaire, en lui permettant d’intégrer dans sa propre histoire, et donc son identité, les parcours et les discours qu’il est amené à construire lors de ses visites. On comprend donc pourquoi la gestion et le guidage des flux émotionnels qui transparaissent dans les blogs, forums et réseaux divers intéresse tant les spécialistes du marketing et de la communication.

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