Elinor Ostrom, Nobel d’économie, défend le « knowledge as a commons »

Je suis (Très) loin d’être une spécialiste de l’économie, mais un billet d’Hervé Le Crosnier du VECAM a attiré mon attention sur la récente prix nobel. Ce billet résume une petite partie de la théorie d’Elinor Ostrom et la perspective historique dans laquelle elle place les questions sur l’économie du numérique. Les Commons étaient, en Angleterre, ces terres gérées de façon coopérative au sein de communautés. A partir du XII ème siècle, elles furent encloses (les enclosures) au bénéfice de riches propriétaires et de la noblesse… Mais quel rapport avec le numérique ?

Eh bien là aussi comme dans bien d’autres domaines, deux approches sont à l’œuvre.

  • L’une d’entre elles est que le réseau, l’information et la connaissance sont considérés comme des ressources, et donc susceptibles d’être soumises à de nouvelles enclosures (DRM, taxes, brevetages, HADOPI,…).
  • L’autre approche, qui entre en conflit avec la première, c’est de considérer que, dans une période où la technologie permettra de numériser absolument tout, rendant les biens immatériels, bouleversant l’accès à l’info, les notions d’auteur et de propriété, les notions d’original et de copie, ainsi que les modes de production de la connaissance, celle-ci s’impose comme un bien commun. Et à bien commun, communauté !
    Dans ce cas, l’information et la connaissance deviennent objets de négociation, de partage et de construction collaborative, dans un espace d’autoorganisation (Copyleft, licences CC, Wikipedia, librairies en ligne,…)… Et la gestion collective peut au travers d’arrangements institutionnels donner des résultats parfois optimaux. C’est ce que montre Elinor Ostrom dans son livre « Understanding Knowledge as a Commons » dirigé en collaboration avec Charlotte Hess…Et en lisant les avis de deux autres prix Nobel, Stiglitz et Krugman, on est ravis de voir que des économistes de premier plan ont pris la mesure des bouleversements en cours.

Certes il n’y a pas de solution unique, et des modèles économiquement viables restent à inventer dans certains secteurs, mais beaucoup de décideurs qui se chargent de penser ces nouveaux modèles, devraient se pencher sur ces réflexions s’ils voulaient mieux comprendre les bouleversements apportés par le numérique. Sûrement à lire… pour réfléchir…(pas encore en français, mais ça ne saurait tarder).

>> On peut aussi trouver un résumé des idées des auteur(e)s en 6 pages ici.

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One comment

  1. Les femmes et l’économie du savoir

    A l’occasion du Women’s Forum de Deauville et du Prix Nobel donné à Elinor Ostrom, mais aussi des multiples publications de témoignages féminins accompagnant ces deux événements, il nous faut revenir sur la question de l’apport des femmes aux ruptures actuelles de certains paradigmes économiques et sociaux.
    LA SUITE/
    http://laura-garcia-vitoria.blogspot.com/2009/10/les-femmes-et-leconomie-du-savoir.html

    Ce commentaire a été repris sur le blog de l’agence groupeReflect-Emakina Group (lieu initial sur lequel j’ai publié ce billet)

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